Arrêt maladie et reprise du travail
Indemnités journalières, protection de l'emploi, visite de pré-reprise, retour aménagé, prévention de la désinsertion professionnelle : vos droits pendant et après un arrêt prolongé.
Les indemnités journalières (IJ)
Pendant un arrêt maladie, la Sécurité sociale (CPAM en métropole, CGSS dans les DROM) verse des indemnités journalières pour compenser la perte de salaire. Le versement démarre après un délai de carence.
Conditions pour en bénéficier
- Avoir cotisé au moins 150 heures au cours des 3 derniers mois
- Ou avoir perçu un salaire d'au moins 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 derniers mois
- Transmettre l'avis d'arrêt à la CPAM/CGSS sous 48h
- Respecter les heures de sortie autorisées
Montants 2026
50% du salaire journalier de base
Le salaire pris en compte est plafonné à 1,4 fois le Smic. Montant maximal : 42,97 € brut par jour depuis juillet 2026. Montant à vérifier auprès de l’Assurance Maladie.
Durée d’indemnisation
Au maximum 12 mois d’indemnités sur une période de 3 ans pour un arrêt maladie ordinaire ; jusqu’à 3 ans en cas d’affection de longue durée (ALD). Source : Service-Public, vérifiée le 27/09/2026.
ℹ️ Délai de carence : Les IJ démarrent à partir du 4e jour d'arrêt (3 jours de carence) pour la maladie ordinaire. Pas de carence en cas d'accident du travail, maladie professionnelle ou affection de longue durée (ALD). Votre convention collective peut prévoir une prise en charge par l'employeur pendant la carence.
La protection de l'emploi pendant l'arrêt
Contrairement à une idée reçue, un arrêt maladie ne vous met pas à l'abri d'un licenciement — mais la loi vous protège sous certaines conditions.
✅ Ce que l'employeur ne peut pas faire
- Vous licencier en raison de votre état de santé ou de votre absence — c'est une discrimination illégale
- Vous licencier pendant la suspension du contrat liée à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, sauf faute grave ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à l’accident ou à la maladie
⚠️ Ce que l'employeur peut faire
- Vous licencier pour un motif indépendant de votre santé (faute grave, motif économique)
- Vous licencier si votre absence prolongée désorganise l'entreprise et nécessite votre remplacement définitif (sous conditions strictes appréciées par les tribunaux)
- Engager une procédure d'inaptitude après constat du médecin du travail
La Prévention de la Désinsertion Professionnelle (PDP)
Depuis 2021, la CPAM/CGSS propose aux salariés en arrêt prolongé un programme de prévention de la désinsertion professionnelle. C'est une aide — pas une procédure de licenciement. Si vous êtes contacté, ne refusez pas sans avoir compris ce qu'on vous propose.
- Bilan de situation pour évaluer les possibilités de reprise
- Orientation vers des solutions de maintien dans l'emploi (aménagement, reclassement, formation)
- Coordination avec le médecin du travail, l'employeur et les autres acteurs
- Financement possible de formations ou d'accompagnements spécifiques
- L'essai encadré : tester un nouveau poste ou une nouvelle activité pendant l'arrêt sans perdre ses IJ
La visite de pré-reprise
La visite de préreprise peut être organisée lorsque l’arrêt de travail dépasse 30 jours. Elle a lieu pendant l’arrêt, avec le médecin du travail, et peut être demandée notamment par vous-même, par votre médecin traitant ou par le médecin-conseil de l’Assurance Maladie. Elle ne remplace pas la visite de reprise, organisée dans certains cas après le retour.
Quand y avoir recours ?
Dès que vous envisagez un retour mais avez des doutes sur votre capacité à reprendre votre poste tel quel, si votre arrêt dure plus de 30 jours. Pour les arrêts de travail délivrés à partir du 15 juin 2026, le médecin du travail informe l’employeur de l’organisation de la visite, sauf si vous vous y opposez. Le contenu médical de l’échange reste couvert par le secret médical.
Ce qu'elle permet
- Anticiper d’éventuelles difficultés de reprise
- Envisager les aménagements du poste ou du temps de travail nécessaires
- Envisager un temps partiel thérapeutique
- Préparer la reprise du travail dans de bonnes conditions
La visite de reprise : organisée par l’employeur dans les 8 jours suivant le retour, dans les cas prévus : arrêt d’au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel, d’au moins 30 jours pour accident du travail, arrêt pour maladie professionnelle, congé de maternité. Pour les arrêts délivrés à partir du 15 juin 2026, elle n’est pas requise si une visite de préreprise a eu lieu dans les 30 jours précédents et que le médecin du travail n’a préconisé aucun aménagement ; vous, votre employeur ou le médecin du travail pouvez toutefois demander qu’elle ait lieu. Source : Service-Public (examen médical après un arrêt de travail), vérifiée le 27/09/2026.
Le temps partiel thérapeutique
Le temps partiel thérapeutique (TPT) permet de reprendre progressivement le travail à temps réduit tout en continuant à percevoir des IJ pour compléter le salaire réduit. Il est prescrit par le médecin traitant et validé par le médecin-conseil de la CPAM/CGSS. Il peut durer jusqu'à 1 an.
💡 Conseil : Le TPT est souvent la meilleure solution pour un retour progressif après un arrêt lié à un burn-out, une dépression ou une maladie chronique. Il évite le choc d'un retour à temps plein et réduit le risque de rechute — et donc de nouvel arrêt.
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📚 Sources et références
Les informations de ce guide sont issues des sources officielles suivantes, consultées en 2026 : service-public.fr (licenciement, rupture conventionnelle, inaptitude, ARE, indemnités) · travail-emploi.gouv.fr (Code du travail, procédures, médecine du travail, PDP) · francetravail.fr (ARE — Allocation Retour à l'Emploi, CPF, accompagnement reconversion) · moncompteformation.gouv.fr (CPF — montants 2026, formations éligibles) · ameli.fr (indemnités journalières, temps partiel thérapeutique, prévention désinsertion professionnelle) · mon-cep.org (Conseil en Évolution Professionnelle — démission-reconversion) · vae.gouv.fr (Validation des Acquis de l'Expérience — réforme 2022) · capemploi.net (maintien dans l'emploi travailleurs handicapés) · legifrance.gouv.fr (Code du travail — licenciement L.1232-1 et suiv., inaptitude L.4624-4, rupture conventionnelle L.1237-11 et suiv.). Les montants et délais peuvent évoluer — vérifiez toujours les données sur les sites officiels avant d'engager une démarche.
Un salarié rencontre une difficulté dans son parcours professionnel ?
Arrêt, reprise, inaptitude, reconversion ou rupture peuvent se combiner à des problèmes de droits, de revenus ou de vie personnelle. Un relais social aide à coordonner les démarches utiles.